Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /2009 00:08
Nouvelle publication d'un article, écrit en février 2007...


Le socialisme vit la fin d’un cycle: l’idéologie marxiste s’est effondrée, le monde communiste a disparu, et aujourd’hui  la social-démocratie atteint  ses  limites. 
Cette grande idée devenue une grande force,  source de progrès social et économique pour la plupart des pays européens jusque dans les années 80, et dont l’influence dépassait  les frontières de la gauche,  a  épuisé ses capacités d’innovation et de création.  Sa  vision de la transformation sociale n’est plus en phase avec l’évolution du monde et les attentes des citoyens, ses méthodes et ses moyens ont perdu leur efficacité.


Se  dire social démocrate  n’a plus grand sens   à l’heure où, à gauche,   la réflexion porte, même si ce n’est pas toujours avoué, sur la manière d’envisager selon l’expression de   Gilles Martinet, une  « post social-démocratie ».  Sur le fond, l’inspiration sociale démocrate,  dans la conception élargie  qui pendant près de cinquante ans  a irrigué l’essentiel de  la pensée et de l’action politique de la gauche européenne,  consiste en un certain nombre d’idées  et de  principes devenus inopérants dans les conditions d’aujourd’hui.

 
Cette inspiration se caractérise par le recours à des  systèmes sociaux nationaux soumis à une faible contrainte extérieure,   nés dans une période de forte  croissance -  et qui,  confrontés à la baisse des recettes et à l’accroissement des dépenses, rongés par les déficits,  se trouvent  désormais démunis et impuissants face à l’aggravation  de la précarité et de l’exclusion. Le  vieil Etat providence qui  se paupérise face au champ infini des besoins, a perdu en efficacité et en légitimité.


C’est la  philosophie de  l’assistance qui pouvait trouver  une  justification quand il fallait élever rapidement le niveau de vie de populations nombreuses et relativement homogènes, mais qui apparaît   aujourd’hui   comme un obstacle au développement de   l’esprit  d’initiative,  qui freine  le  dynamisme dont nos  sociétés ont  besoin.  C’est, sur le plan social,  une   prise en charge globale et  uniforme, qui représente un anti modèle   quand s’affirme la nécessité de sélectivité,  d’adaptation  aux situations particulières pour répondre aux conditions différenciées ainsi qu’aux  aspirations de plus en plus diversifiées des individus.

 L’inspiration sociale-démocrate c’est aussi   l’attachement à  une égalité formelle, abstraite,  alors que c’est l’équité et une solidarité concrète qui permettront de  retisser un lien social distendu. C’est également la protection  des statuts, des droits acquis, parfois la défense des corporatismes qui représentent autant d’obstacles à la mobilité sociale et   aux  possibilités de réforme.


C’est, particulièrement en France,  une méfiance vis à vis des entreprises et du marché qui   se traduit par une limitation des conditions  de la compétitivité  et de la croissance. C’est la focalisation sur la redistribution des richesses - avec des  résultats de moins en moins significatifs -  en voulant ignorer les moyens de produire ces richesses.  C’est aussi le choix de l’augmentation  des  dépenses publiques et la confiance dans  l’interventionnisme d’un Etat, dont l’action se trouve pourtant  limitée de toutes parts aujourd’hui et  qui devrait au contraire se concentrer sur ses missions essentielles, alléger son fonctionnement pour dégager des marges de manœuvre notamment sociales.


Sur le plan international, c’était enfin au-delà d’un internationalisme militant, l’absence  de l’Europe dans le rapport de force mondial -  le parapluie américain lui ayant permis de  ne pas avoir à  financer sa propre défense -  alors qu’  il lui   appartient aujourd’hui de s’affirmer sur la scène internationale, d’être plus présente   et plus active  dans le monde.


S’éloignant d’une inspiration  devenue avec le temps  conservatrice,  délaissant   ces orientations  qui ne préparent pas à l’avenir, dans toute l’Europe une autre  gauche s’affirme, réaliste  dans sa prise en compte  de l’environnement mondial,   moderne et progressiste  dans sa vision  économique et sociale. Une gauche qui veut retrouver l’inspiration première, émancipatrice, « libérale » et  pré marxiste  du socialisme, la moderniser en l’adaptant aux conditions du monde et à l’état de la société  d’aujourd’hui.  On pourrait parler d’une  conception  « socialiste  libérale » qui animerait les gauches d’Europe, au premier rang desquelles le « labour » britannique,  alors que
les socialistes Français  éprouvent  la plus grande difficulté  à abandonner   les schémas et les modes de pensée traditionnels. Derniers « révolutionnaires », il y  a trente ans quand toute l’Europe était sociale démocrate,  ils deviennent sociaux démocrates, quand les gauches européennes s’affirment« sociales libérales ».  

 

 

 

 

Marc d’Héré

Par La Gauche Moderne du Cher - Publié dans : Articles
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